ILS FONT LA MOSELLE
Une première mondiale réussie en Moselle
Le 23 mars dernier, la Française de l’Énergie (FDE), société mosellane productrice d’énergies locales bas carbone, a annoncé l’achèvement du forage le plus profond au monde dédié à l’hydrogène naturel, à Pontpierre. Point d’étape de cette aventure industrielle hors-norme avec Julien Moulin, son Président exécutif.
Le 23 mars dernier, la Française de l’Énergie (FDE), société mosellane productrice d’énergies locales bas carbone, a annoncé l’achèvement du forage le plus profond au monde dédié à l’hydrogène naturel, à Pontpierre. Point d’étape de cette aventure industrielle hors-norme avec Julien Moulin, son Président exécutif.
Quelle est l’actualité du forage profond de Pontpierre réalisé dans le cadre du programme de recherche REGALOR II ?

Julien Moulin : Nous avons franchi une étape majeure et réussi une première mondiale pour l’hydrogène naturel avec un forage à 3
655 mètres de profondeur. L’opération s’est déroulée dans de très bonnes conditions, avec une parfaite maîtrise des environnements géologiques traversés. Surtout, nous avons confirmé la présence importante d’hydrogène naturel dans le sous-sol mosellan, dans la continuité de ce que nous avions observé à Folschviller en 20231. Au total, près de 60 échantillons de gaz et d’eau ont été prélevés, et des carottages ont permis de remonter des roches pour analyse.
Quelles sont les prochaines étapes ?
J.-M. : Le forage avait pour objectif de confirmer et de bien comprendre les mécanismes de formation et de régénération de l’hydrogène. Nous allons poursuivre nos travaux scientifiques afin de mesurer les concentrations d’hydrogène dissous et tester in situ les outils de séparation de l’eau et de l’hydrogène que nous avons développés avec nos partenaires2. Nous espérons pouvoir certifier les volumes de gaz disponibles pour envisager à terme une valorisation de cette ressource.
Quels sont les partenaires engagés à vos côtés ?
J.-M. : Le projet REGALOR II s’inscrit dans un écosystème très solide, associant pouvoirs publics, recherche et industrie : Région Grand Est, Union européenne, CNRS, Université de Lorraine, le service géologique de l’État et plusieurs partenaires techniques de premier plan3. L’ancrage local et le soutien de la Moselle sont tout aussi déterminants. Patrick Weiten, Président du Département, soutient le programme REGALOR depuis son lancement en 2017. À travers la stratégie « Moselle, Terre des Énergies », le Département apporte aujourd’hui un cadre, une vision ; il facilite les échanges avec les acteurs du territoire. Moselle Attractivité joue également un rôle clé pour créer du lien sur le terrain et valoriser le potentiel du projet.
À travers la stratégie “Moselle, Terre des Énergies”, le Département apporte un cadre facilitateur, une vision
Diriez-vous que la Moselle est un territoire stratégique pour l’énergie en France ?
J.-M. : Absolument ! Le bassin sédimentaire lorrain est l’un des plus vastes d’Europe, l’un des plus riches au monde. À cela s’ajoutent plusieurs atouts majeurs : des infrastructures énergétiques déjà en place, une position géographique de choix, au coeur de l’Europe, ainsi qu’un environnement scientifique régional de haut niveau. On a trop longtemps considéré le sous-sol uniquement sous l’angle des impacts passés. Aujourd’hui, on redécouvre qu’il est une solution d’avenir pour la transition énergétique et un atout clé pour développer des écosystèmes résilients.
Concrètement, quelles pourraient être les retombées ?
J.-M. : Nous restons prudents, car il faut du temps pour valider scientifiquement et techniquement le potentiel et les outils de production de l’hydrogène naturel. Dans un scénario positif, nous pourrions produire en Moselle une énergie locale, décarbonée et compétitive vis-à-vis des énergies carbonées, ce qui serait une véritable révolution pour le secteur de l’énergie.
Votre projet attire déjà l’attention à l’international…
J.-M. : Oui. Une entreprise mosellane mise en avant par le New York Times, c’est assez rare ! Nous avons reçu près de 700 visiteurs venus du monde entier : associations citoyennes, industriels, chercheurs, élus, décideurs politiques, ministres, investisseurs. Ce niveau d’intérêt est exceptionnel et confirme le sérieux des travaux menés depuis 7 ans sur l’hydrogène naturel.
Pourquoi avoir choisi d’implanter votre siège en Moselle ?
J.-M. : C’est une question de cohérence. Nous travaillons sur des ressources locales, il était logique d’être implantés au plus près, dans une logique de circuit court. Nous avons également souhaité créer un lieu d’éducation et de transmission en adossant une carothèque à notre nouveau siège, à Pontpierre, pour partager nos connaissances avec les scientifiques et les jeunes générations. Nous avons la chance d’avoir un savoir-faire et une connaissance que l’on peut partager et valoriser du mieux possible. Faisons-le !
Diriez-vous que la transition énergétique ne se fera qu’en prenant en compte le sous-sol ?
J.-M. : À ce stade, je pense effectivement que nous sommes passés à côté de notre transition énergétique car nous avons oublié la moitié de notre terrain de jeu. Nous nous sommes concentrés sur ce qui était en surface et dans l’atmosphère mais nous avons collectivement oublié ce que l’on a sous nos pieds. Dans un contexte géopolitique incertain, valoriser des ressources locales en circuit court devient un enjeu majeur de souveraineté, de résilience et de sécurité énergétique.
Divers
